
Après le succès des deux premières éditions de Monumenta confiées à Anselm Kiefer, en 2007, puis au sculpteur américain Richard Serra, en 2008, qui attirèrent chacune plus de 140 000 visiteurs en cinq semaines, c'est Christian Boltanski, l'un des plus grands artistes français, qui relève le défi en 2010.
Parce qu’est ce que.. ? Au regard de l’affiche et dès notre entrée dans ce Grand Palais, un doute, un malaise voir un trouble viennent à l’esprit. Notre regard bute sur un mur de boîtes de biscuits rouillées et nous nous empressons de faire le tour pour comprendre.
Tout est là. Comment comprendre cette composition plus que dérangeante et pourtant si efficace.
« Le fait d’avoir froid, d’être angoissé et bouleversé, de chercher la sortie, de vouloir retrouver la vie à tout prix est une expérience originale, procurée par le cœur vivant de l’œuvre. » Voilà ce que nous dit le maître des lieux. Aucun doute, il a atteint son but.
Le bruit hypnotique de centaines de cœurs battant désunis s'amplifie. Le malaise aussi.
Le sons venant d’haut-parleurs encadrant au sol 69 rectangles, recouverts de vêtements usagés, déployés bras en croix, éclairés par des néons blancs intensifient ce ressenti et notre parcours se révèle être quasiment une épreuve.
On y ajoute les grincements d'une grue qui prélève et rejette des vêtements sur une montagne de fripe.
On y ajoute les grincements d'une grue qui prélève et rejette des vêtements sur une montagne de fripe.
Plus que troublant, parfois le grappin rouge hésite, tourne et vire sans se décider. Il monte haut ou reste à ras du tas, picore un morceau, change d'avis et repart. On reste quelque seconde hypnotiser, on tente d’interpréter mais le trouble prend le pas sur notre réflexion.
L'immense nef résonne comme une usine, un camps de concentration … vide et sans vie.
« L’art consiste à poser des questions sans avoir de réponse. » Rien à faire. Pour mieux comprendre ,on s’empresse de lire les explications et on constate à quel point nous sommes bien démunis face à cet homme, Christian Boltanski.
« Cette installation est conçue pour produire un puissant sentiment d’oppression. Il s’agit d’une expérience dure et je suis convaincu que les gens éprouveront un soulagement en sortant. C’est la beauté de l’architecture et l’immensité de l’espace du Grand Palais, cette étendue vague et abandonnée, qui m’ont permis de proposer cette expérience directe. Dans ce cadre, le jugement sur l’œuvre, le fait qu’on l’aime ou pas, n’est plus pertinent ; il ne s’agit que d’éprouver et d’être imprégné. »
…Parce que c’est impressionnant à quel point le ressenti et le but recherché par l’artiste se rejoignent !
Après notre envie de savoir rassasier, on tente de découvrir plus en profondeur « Personnes ». Un art relativement traditionnel et classique, abordant ici, le hasard, la loi de Dieu, la mort. « Le fait aussi qu’à partir d’un certain âge on a le sentiment de traverser en permanence un champ de mines, on voit les autres mourir autour de soi, alors que, sans raison, on reste, jusqu’au moment où on sautera à son tour » …On va tous mourir !
Après notre envie de savoir rassasier, on tente de découvrir plus en profondeur « Personnes ». Un art relativement traditionnel et classique, abordant ici, le hasard, la loi de Dieu, la mort. « Le fait aussi qu’à partir d’un certain âge on a le sentiment de traverser en permanence un champ de mines, on voit les autres mourir autour de soi, alors que, sans raison, on reste, jusqu’au moment où on sautera à son tour » …On va tous mourir !
Au final, "Personnes" se révèle réellement comme une expérience intime difficile à expliquer.
Comme dit son auteur, le spectateur « pénètre à l’intérieur de l’œuvre. Contrairement à une exposition classique dans un musée, où l’art défile sous notre regard, le Grand Palais est un lieu propice à une expérience qui immerge le spectateur, puisque tout l’espace fait partie de l’œuvre. Le son, le climat, la manière de déambuler, y compris la gêne suscitée à certains endroits de passage, les matériaux utilisés, tous ces éléments sont constitutifs d’un projet artistique qui est une oeuvre globale. »
Comme dit son auteur, le spectateur « pénètre à l’intérieur de l’œuvre. Contrairement à une exposition classique dans un musée, où l’art défile sous notre regard, le Grand Palais est un lieu propice à une expérience qui immerge le spectateur, puisque tout l’espace fait partie de l’œuvre. Le son, le climat, la manière de déambuler, y compris la gêne suscitée à certains endroits de passage, les matériaux utilisés, tous ces éléments sont constitutifs d’un projet artistique qui est une oeuvre globale. »
"Personnes" de Christian Boltanski est une installation éphémère qui sera entièrement recyclée à la fermeture de l'exposition, le 21 février.
Personnes, Christian Boltanski
Monumenta 2010 du 13 au 21 février
Grand Palais
Avenue Winston Churchill, Paris 75008 .
De 10h à 19h les lundis et mercredi / De 10h à 22h du jeudi au dimanche / Entrée 4 €, tarif réduit 2.
Source :
- http://www.monumenta.com/2010
- http://foncier.mobi/spip.php?article895
- http://archeologue.over-blog.co
- http://www.monumenta.com/2010
- http://foncier.mobi/spip.php?article895
- http://archeologue.over-blog.co









Merci , grace a cette page nous avons avancer sur notre HDA , encore merci !!
RépondreSupprimerGenre de commentaire qui fait plaisir ;)
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