Parce qu'un autre porno est-il possible ? Tss... Remet-toi, ce n'est pas un post pour créer un pic de visites sur ce magnifique blog mais bel et bien une question qui turlupine tout humain un temps soit peu en accord avec sa sexualité.
N'avez-vous jamais imaginé une autre vision de ce cinéma souvent relégué au haut de gondole du bureau de tabac et au bas de l'échelle du 7eme art ?
Paradoxalement, à l’ère du cybersexe, du youporn et du porn 2.0, un retour vers les salles obscures ne serait-il pas l’occasion d'explorer la diversité des plaisirs via d’autres manières de voir et de faire du porno
Alors que le sexe devient de plus en plus présent dans la pub, les clips, les films... en somme la vie courante, une nouvelle culture porno ainsi qu'un nouveau public apparaissent et veulent en voir plus et autrement.
A notre époque béni par Dorcel, il n'est plus si mal vu d'être connaisseur du genre mais le résultat est paradoxalement à double tranchant... S'il y a bien un domaine qui véhicule un nombre de stéréotypes incalculables et d'inventivités artistiques prochent du néant c'est celui-ci, or cette génération bercée par une accessibilité désormais excessive (4 clic de souris...) se retrouve en overdose d'images aseptisées, de bimbos surplastifiées, de corps démembrés. Et si on sous-poudrai le tout d'un peu de créativité pour voir ?
Le Paris Porn Film Fest présentait donc « le meilleur » de la production et de la création porno internationale contemporaine. Après Berlin, Tokyo, Athènes, Madrid, la seconde édition du Paris Porn Film Fest se déroulait donc à Paris du 17 au 20 juin 2010 au sein du cinéma Le Brady.
Pour cette deuxième édition, le festival continuera son exploration des nouvelles cultures sexuelles, à travers un panorama de films expérimentaux, queer, cultes, post-porn, underground, artistiques, courts et longs-métrage, la pornographie féministe, le porno fait par les femmes, les pornographies lesbiennes, gaies, bi, trans, hétérosexuelles, pansexuelles, sans négliger les classiques, etc.. Tout un programme !
Cela va vous surprendre mais le Paris Porn Film Fest est interdit aux mineurs de moins de 18 ans.
C'est donc parti pour 4 jours de projections, plus de 80 films pour découvrir, voir et revoir du porno ..en salles.
Et c'est en ce dimanche 20 juin que les quelques inconfortables fauteuils du Paris Porn Film Fest accueillent nos délicates fesses pour un bon gros matage de film de cul. Bon, on a fait soft pour une première et c'est trois films erotico-porno (ou porno emocion) qui seront ici visionnés.
Hum.. tu n'es pas méga à l'aise ?
Tu le seras encore moins quand je te soufflerai que l'attente devant le cinéma aura permis à mes tympan d'entendre deux « spécialistes » et fidèles du festival de parler du dernier fist-fucking présenté dans une autre séance comme une séquence hautement artistique selon eux, mon estomac n'a pas voulu savoir comment ... On y ajoute, le trailer diffusé en début de séance présentant de nombreux films gay pour faire définitivement peur !
...Ah non, il fallait également faire un petit tours du propriétaire pour admirer la douzaine de spectateurs présents, auxquels il faut signaler les quelques aller-retour légèrement louches de certains individus, dont un gentil-homme bien trop propre sur lui qui entrainera un léger décalage de rang de peur d'être éclabousser par son.. aura.
C'est donc Life, Love, Lust d’Erika Lust qui à l'honneur de débuter la séance...
3 Chapitre – 3 histoire :
Life : Après le boulot au restaurant une serveuse et un chef célèbrent l’anniversaire de celui-ci. Le scénariste a encore mal cerveau je pense..
Love : une business woman séduit un jeune homme qu’elle retrouve de temps en temps à l’hôtel après une bousculade dans un parc (!!)
Lust : Lola met son corps au service d’une femme timide dans un full massage qui la conduit à l’extase.
Résultat : Alors on a le droit a des plans légèrement plus recherchés que d'hab, des situations relativement naturelles mais quelqu'un a vraiment pris du temps pour écrire ce genre de chose ?
Handcuffs d’Erika Lust, une nouvelle fois, nous propose une femme observant à la dérobée un couple dans un bar. Après avoir vu que la femme est menottée, elle ne peut détacher son regard de la scène et se fait prendre au jeu... et blablabla. Rien de ouf, merde je me suis trompé de séance ?
Switch ! de Lola Clavo, me confirmera la réponse. Devant une gare où vient de partir le dernier train, rencontre entre deux filles qui va se terminer par un plaquage contre un grillage interminables avec des effets de lumière pour rendre la scène plus implicite pour un résultat désespérant...
En conclusion, difficile de se faire une image globale du festival en une séance (surtout celle-ci) mais quoi qu'il en soit la démarche n'en reste pas moins louable : faire comprendre que le porno peut être classe, artistique, inventif, différent, etc. Pour l'instant, personne n'est convaincu !
Rendez-vous, l'année prochaine.
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