Parce que Parklife m'a tué @ Brisbane



C'est donc après 4 mois de disette sonore, de diète auditives voir de famine sonique que nous allons enfin pouvoir nous défouler sur du bon son... On en attendait donc beaucoup, peut être trop de ce Parklife..?
En plein cœur de Brisbane, dans le jardin botanique de la ville, une programmation hétéroclite, Digitalism, Santigold ou Gossip comme têtes d'affiche : sur le papier ça envoyait du boomerang !
On imagine déjà les palmiers se balançant au rythme des basses émanant d'une grande scène transformée en jungle... hein ? Faut que je m'arrête, je vais me le prendre en pleine gueule ce boomerang ? J'avais zappé, Parklife, c'est le nom d'un single de Blur et ça, c'est de mauvaise augure !

Après avoir fait danser Sydney, Adélaïde, Perth, etc ce festival dit « électronique » s'installe à Brisbane.

Commençons par les infos amusantes :
  • 130$ (= 100€) la journée.
  • 60 artistes répartis sur 4,5 scènes. (Une mini-scène étant réservé aux « artistes » du coin)
  • Une seule vraie grande scène...
    Tu as déjà le sourire. Maintenant, tu peux rigoler en voyant les horaires.
  • Début : Midi.
  • Fin : 10h pétante !
Si on fait le ratio, le rapport qualité prix fait mal à la queue de kangourous. Peut être que la programmation doit être faites en peau de crocodile tu te dis ? Et bien, c'est pas mal du tout en fait pour un état (je parle du Queensland) coincé dans les années 90 au niveau musical. Voyons ça de plus prêt !

C'est donc dès midi que nous arrivons devant les grilles du jardin botanique. Et oui, pour la première fois de ma vie,
je suis présent dès l'ouverture d'un festival ! Vu le prix de la place, tout le monde me comprendra...

Première impression : une organisation omniprésente, limite s'il n'y a pas des caméras pour surveiller si tu prends bien ta bière à 10$ de la main droite....
Ils en font beaucoup niveau sécurité (comme d'habitude dans ce pays) mais également au niveau des services : des chiottes en pagaille, de nombreux stands de bouffe variée (et pas si cher), des bars en veux tu en voilà (mais tellement cher...)
A ce sujet, pour illustrer ou l'on met les pieds, sous 31° à 13h30, on a eut l'audace de demander un soft, on a eut le choix entre de l'eau ou un Pepsi et c'est tout ! L'orga a bien compris que les ¾ sont venus pour boire « et pis c'est tout »...

En ce qui concerne la populace justement, c'est l'hallu totale : j’ai l‘impression de me retrouver en plein milieu d’un défilé de pouf plus vulgaires les unes que les autres couplé avec un concours de body-building... S'ils n'étaient que là pour se montrer en silence ça irait mais non ! Nous sommes ici dans le monde du « m'as tu vu ? » Vasy qu'on se monte les uns sur les épaules de l'autre à trois boloss et en plein concert (et la foule les applaudis... #WTF)
 Autre exemple : « T'as vu le mec là-bas, il a ramené une poubelle en plein milieu de la fosse et se croit sur un cube, tiens il y en a un autre ...et merde il va bientôt plus avoir de poubelle dans le parc... »
Quant aux meufs et bien je dois être en arrière plan de 234 photos de trois pouffiasses qui n'ont pas arrêté de se prendre en mode « duck face » pendant tout un concert.
A défaut de faire mon parisien aigris, je t'assure que je n'ai jamais vu une foule aussi « je m'en foutiste »...
Maintenant, il faut souligner que l'ambiance devient par la même occasion vite très détendue, bon enfant et over-festive ; jamais je n'ai vu autant de gens danser dès midi en France ! Il lui en faut peu à l'Australien et forcément il n'a pas l'habitude qu'on lui en donne... (Un public ça s'éduque bordel !)

Maintenant qu'on a fait le tour du propriétaire, il est temps de voir ce que la programmation à dans le ventre. Il y en pas pour tous les goûts : electro ou rock. C'est ça l'Australie. Je plaisante (ou pas).

C'est le groupe Pigeon qui ouvre le bal dès midi et il nous a fallut 10 minutes pour qu'ils deviennent voyageurs... On l'excusera.

C'est donc Harvad Bass qui fut le premier à nous étirer les fossettes !
Déjà repéré lors de soirées parisiennes, ce jeune californien qui campe chez Boysnoize et récemment chez Sound Pelligrino se caractérise par une house minimale dotée de lignes de basses et de percus sous-poudrées de quelques gimmicks hip-hop : il est 13h, ça groove sous le soleil de Brisbane !

Comme tu peux le voir sur la photo, le pantalon est interdit sur la piste de danse : le jap, tu sors !

Après un passage furtive voir Kimbra qu'on le laissera avec l'étiquette « inconnue » à la première vocale immonde, nous nous dirigeons alors et ce avec joie vers les Naked and Famous prévu initialement à 14h30. Après 20 minutes d'attente (insupportables) lors du « concert » du Yatch Club Djs sur la grand scène, nous finissons par nous rendre compte que nos amis Néo-Zélandais ont changé d'horaire ; ce qui n'était bien évidemment pas annoncé sur tous les programmes : bravo l'orga !
Pour la peine, je vous informe que le Bootleg, on ne fait plus ça depuis 5 ans amis crocodile-dundee, alors toi et ton yatch tu repars illico dans le passé pour ne plus revenir !

Alors que l'année dernière Busy P, DJ Mehdi et Brodinski représentaient le label français ED Bangers, c'est SebastiAn qui reprend les rennes cette année et c'est donc avec amertume que je me dirige vers la scène (déjà blindée) à l'effigie du frenchy. Quand on connait le label, on est pas étonné de voir qu'il joue la carte de la mise en scène provoque : « en 2012 votez Sebastian », ça aura au moins le mérite de raviver quelques sentiments patriotiques !

Je ne peux m'empêcher de revenir sur un article chroniquant son dernier album faisant écho à ma pensée concernant SebastiAn sur le Site Chronique Electronique que je vous invite à lire !

Comment dissocier
SebastiAn, ou Sebastian Akchoté, de l'écurie Ed Banger dirigée par Pedro Winter ? Vaste question.

Comment écrire la chronique de son disque sans tomber dans l'écueil du procès envers le label fondateur de son avènement ? Impossible. Alors autant dire tout de suite que je vais assumer pleinement cette chronique à charge. Ah SebastiAn... ce jeune homme glabre qui a toujours l'air défoncé à la came frelatée alors qu'il a désormais les moyens de s'en payer de la bonne. Ce jeune homme toujours équipé d'une clope dont la hype loue le potentiel depuis déjà plus de cinq ans alors qu'il ne compte que 2 EP dignes de ce nom, une BO et un paquet impressionnant de remixs aussi énergiques que brouillons. Alors pourquoi ? Pourquoi est-il capable de remplir les scènes de festivals sur son seul nom ? Parce qu'il compose (travaille) pour le seul label (entreprise) qui vend énormément de musique électronique à l'heure actuelle. En effet, si Ed Banger et Pedro Winter mènent aujourd'hui un train de vie de nabab, ce n'est sans doute pas parce qu'ils font de la bonne musique. C'est avant tout parce qu'ils furent les premiers à monter dans le wagon et à adapter leur démarche artistique (leur image) à la glorieuse société de consommation dans laquelle nous vivons plus que jamais. La stratégie de communication et de commerce est implacable. Les jeunes téléchargent comme des bourrins mais achètent des T-Shirts, des sonneries pour smartphones, des casquettes, des lacets fluos et matent des vidéos sur Youtube à s'en abrutir. Vendons leur la musique qui sied parfaitement à leur mode de vie. Vendons leur de l'image. Vendons leur une mode, un courant, qui leur permettra de se reconnaître telle une tribu dans les festivals du monde entier. Fort de son expérience en tant que manager des Daft, Pedro a bien compris tout ça. Et au delà du constat amer, peut-on réellement le lui reprocher ? Il est l'un des rares à posséder un commerce si florissant. Il applique les mêmes recettes qu'un Guetta ou un Sinclar, la béatitude benête et le sponsoring rampant de TF1 ou d'NRJ en moins. La recette a connu ses premiers succès, Justice a fait le reste. Les DVD témoignant des excès de ces semblants de rock stars et les clips estampillés Kourtrajmé ont aussi leur part de responsabilité dans cette incontestable réussite. 
 
Revenons au live de SebastiAn, ce jeune homme plein de « potentiel »... Pas besoin de rester plus de 10 minutes, il suffit d'une pour comprendre qu'on écoute bien du son Ed Banger : un electro-rock sous turbines agrémenté de guitares agressives qui donne un ensemble relativement (et c'est un comble) ...mou !
 
« Ce qui est bien avec SebastiAn, c'est qu'on est sûr d'écouter du Ed Banger. Son album est un pot pourri de tout le meilleur (le pire) de ce que le label français a enfanté de pire. Des comparaisons évidentes avec les travaux (lol) de Justice, DJ Mehdi et Uffie (même de Daft Punk) apparaissent à l'oreille encombrée […] Assister à un live du Parisien a quelque chose de si instructif qu'il est néanmoins conseillé de le faire. Ce type est un fake, branleur magnifique qui gigote dans tous les sens pour masquer le fait qu'il ne fait rien sur scène, si ce n'est manier les faders et balancer des turbines en appuyant sur la touche play. » 
 
C'est bien une citation du dit article mais c'est ce que j'ai ressenti. Maintenant, on soulignera la mise en scène qui fera tout de même sourire.
C'est encore une fois du joli marketing certes mais les différents montages sont plutôt bien fichus... Au final, on est content de revoir la gueule de Pujadas, les conneries numérisées de Strausskhan ou toute la merde qui se passe en France alors qu'on est sous le soleil australien ; on en oublie la musique et c'est pas plus mal !

D'ailleurs, on en aura a presque oublier Little Dragon également... Bon, on en a vu qu'une chanson mais on apprécie la présence de cette ovni musical en ce lieu. Maintenant, un peu trop planant dans ce marasme electro. Vous avez dit planer ? C'est le moment d'enfin voir ce qu'on attendait, et on était pas les seuls.

Et oui, je ne le savais pas avant cette prestation mais The Naked And Famous et leur pop légèrement décalée, mâtinée d'électro noisy viennent de Nouvelle-Zélande. Or ici, c'est comme être belge pour un français.
Très proche des groupes comme MGMT ou Passion Pit, on retrouve synthétiseurs, basses lourdes  et beats simples comme formule magique... et ça marche ! Je n'ai malheureusement pas pu profiter pleinement de leur prestation en raison d'une soif fulgurante mais je recommande fortement ce premier album Passive Me, Aggressive You, sorti en 2010 (classé directement numéro 1 des charts néo-zélandais la semaine de sa sortie pour info..)
A peine nos bières commençant a s'enchaîner sous ce soleil australiens que l'on se retrouve de l'autre côté du parc pour écouter le groupe qui symbolise au mieux ce festival...
Lui aussi, on en attendait beaucoup, on nous avait promis des bêtes de scène et un groupe hors-normes et on a eu ...Crystal Fighters.
Ils sont cinq, ont des racines au Pays Basque espagnol et ont créé le buzz avec
ce premier album d'électropop matinée de trouvailles folk, "Star of Love".
On les savait déroutant sur CD et on se disait que sur scène ça ne pourrait qu'être meilleur.. mais non ! Des titres comme
« Solar System », «I Love London » ou « plage » feront bouger la foule comme jamais mais ces perles sont bien trop rares et malgré une énergie débordante certaines mauvaises inspirations artistiques nous empêche de pleinement profiter du moment... Le prochain album et la tournée qui en découle sera on l'espère un peu moins hétéroclite et plus efficace.

Il est 18h, l'heure ou la nuit tombe avec Santigold comme étoile . N'ayant pas réellement d'actu en ce moment, on est relativement surpris de la retrouver là mais c'est avec plaisir qu'on apprécie sa prestation et notamment le show chorégraphique de ses choristes !
 Quoi qu'il en soit, c'était en février 2009 qu'un communiqué de presse annonçait que Santogold devient Santigold (il semblerait que ce soit dû à des poursuites judiciaires menées par un homme utilisant le pseudonyme de « Santo Gold » depuis 1983) et quelques mois après, l'album faussement éponyme Santogold sort et on se rend compte ce soir que le tout n'a pas beaucoup évolué depuis... On se contente donc d'apprécier les morceaux cultes de la (toute) petite demoiselle, le temps de reprendre de l'énergie, normalement le meilleur est à venir !

C'était sans conteste les plus attendus (par moi en tout cas): Digitalism et leur electro-rock si caractéristique. Sur scène, ce duo allemand (Jens Moelle et Ismail Tuefekci) est rejoins par un batteur.
C'est avec leur nouvel album, « I Love You Dude », sous la pédale qu'ils débarquent en Australie. Je n'ai pas eu la chance de l'écouter mais je sais désormais qu'il est bien moins bon que leur premier album : Idealism...Ayant pris ma claque il y a quelques années de ça lors de la présentation du dit fabuleux album sur scène, je suis quelque peu déçu par cette prestation manquant cruellement de rythme. Comme à leur habitude, ils allongent et déstructurent leurs morceaux rock pour finir en electro mais la machine à tendance à ramollir sur leurs nouvelles progénitures... Dommage, ça restera malgré tout un bon moment.

On aura oublié Diplo mais on a réussi a éviter Gossip (on a fait un grand tour … ) c'est de nombreuses déceptions qui s'enchainent. On s'ennuie rapidement devant Mstrkrft, je vous parle même pas de la désillusion devant la SOUL (?) de The Streets (Et mec, pour ta dernière tournée, tu as tué ton hip hop !) et on s'est même rabattu sur les Simian Mobil Disco tournant toujours autour de leurs machines pour produire le son (malgré de très bons titres) le plus long du monde à décoller..!

Avant ça, on aura quand même perdu 10 minutes de notre temps devant la déception du festival. Sur le papier, tout amateur de dubstep laisserait facilement échapper un filet de bave plein de bière : Magnetic Man, c’est Skream, Benga et Artwork, trois noms qui reviennent fréquemment dans les bouches des mélomanes et qui font partie intégrante du dubstep.
Ainsi, le dubstep semble suivre le même chemin que la pop ou la drum’n bass, tel un sous-marin qui remonte doucement à la surface contre son gré, qui se laisse porter par le courant pour aller s’échouer sur une plage commerciale et faire jubiler les mangeurs de soupe FM qui s’y dorent la pilule.
Magnetic Man en est donc l'effigie. Le dubstep sort de la lumière et ils le cuisinent sauce grand public et cela passe donc par le biais de véritables chansons... Le wobble se fait donc beaucoup moins présent et le tout sonne très formaté radio avec des vocales douces et des rythmiques très épurées. L'écoute de l'album avait déjà fait naître quelques doutes, le live tombe totalement à plat. On retiendra malgré tout un show visuel intéressant avec l'écran vidéo qui se retrouve sur leur table de mixage mais ça nous console à peine...

Alors que le froid, l'amertume et la fatigue nous rattrape, c'est à ce moment la que la sexy Lykke Li nous envoute quelques instants dans son univers sombre, vocale et onirique. Le rendu très brut des voix donne au concert une certaine rigidité et on aurait aimé retrouver ce côté un peu plus trip hop de l'album mais au final c'est sur cette douce note que ce ParkLife se termine ! Merci à elle.

Au final, les 130 dollars laisse un goût amer dans la bouche mais on relativisera assez rapidement au vu de l'agenda musicale que l'on connait à Brisbane : le néant ne pouvait être combler par une oasis de bonheur auditif, ça ne serait pas logique non ?

On remerciera pour finir Duck sauce, Armand Van Helden et A-Trak nous excuseront mais je suis déjà mort quatre fois d'overdose de "Barbra Streisand" rien qu'en ayant regardé la télé française il y a 5 mois... Leur concert sur la grande scène se terminant plus tard que les autres, la sortie se fit rapide et douce.

...Merci quand même mais je ne reviendrai pas !

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