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Parce que Le Klub Des Loosers sort vainqueur de La Gaité Lyrique

Les Klub des Loosers

Parce qu'autant adulé que détesté dans le milieu et par le public, Le Klub des Loosers, composé de Fuzati et de son pote Detect aux platines, est de retour avec un nouvel album bien nommé « La fin de l'espèce » sous le bras et un premier live à la Gaité Lyrique en ce jeudi 19 avril.

Joli paradoxe de remplir une salle sous l'étendard de la joie quand on connait le personnage... D'ailleurs, le connaissez-vous vraiment ?
Fuzati, MC ayant la volonté d'avoir de "vrais" textes compréhensibles à la première écoute, sans se cacher derrière une quelconque technique, mais plutôt derrière un masque. Il le porte avec un chapeau (ou visière, au choix), pour rappeler aux auditeurs qu'il s'agit d'un personnage -même s'il s'inspire de sa vie- et qu'il faut se concentrer sur ce qu'il dit. On lui a aussi reproché d'être originaire de Versailles, une petite ville "où il ne se passe rien" en France près de la capitale, loin des banlieues, des cités, et finalement de tous les clichés hip-hop.
Mais c'est aussi Romain Goehrs, diplômé de l'Institut Français de Presse, d'un master en droit de la communication, d'une maîtrise en droit public et d'une maîtrise en droit privé, travaillant au sein de l'équipe créative de BDDP & Fils au poste de concepteur-rédacteur. Il a débuté sa carrière en tant que journaliste (notamment pour le magazine Clark où il rencontrera Jonathan Lambert d'où sa présence sur le titre « Baise les gens ») puis en tant que concepteur-rédacteur chez CLM BBDO.
Tu l'auras compris, le looser Fuzati n'en est pas vraiment un, mais bel et bien un personnage créé par un mec plutôt malin. Difficile de faire la part des choses au vu des nombreuses rumeurs qui circulent sur le Net ; l'individu, quoi qu'il en soit, fait réagir...

Pour le reste de la petite anecdote (un peu longue) : 
Le Klub des loosers fut composé à l'origine de deux membres, comprenant Fuzati et DJ Orgasmic, Le Toxicologue. Celui-ci a rejoint définitivement TTC à la sortie de leur deuxième album "Bâtards Sensibles", c'est alors DJ Detect qui prend le relais. En parallèle, Fuzati collabore avec Teki Latex, membre de TTC, à l'émission "Grek'frites" sur Canalweb de 1999 à 2001. Il participe également en 2003 au projet L'Atelier aux côtés du même Teki Latex, Cyanure (du groupe ATK), James Delleck, Para One et Tacteel avec en 2003 son premier et unique album, "Buffet des anciens élèves". Quelques années plus tard au sein du collectif Le Klub des 7 qui réunit à ses compères du projet Gravité Zéro (James Delleck, Le Jouage) ainsi que Gérard Baste des Svinkels, Cyanure et du défunt Fredy K du collectif ATK et DJ Detect.
Le Klub se fait remarquer "en solo" avec le premier album "Vive la Vie", sorti en 2004, réalisé par James Delleck et édité par le label Record Makers, qu'il a depuis quitté. Pff quelle famille !

Ce retour sur ce parcours productif est utile pour mieux comprendre pourquoi et pour qui nous sommes venus ce soir avec plein d'espoir et (pour les filles) quelques larmes…

Cela faisait huit ans qu'on attendait le retour de la plume la plus cynique et hardocre du rap Français. "On l'attendait au tournant, mais pour l'instant il est ici" nous répondrait-il sûrement.
Je me souviens d'un concert au fin fond de mon adolescence torturée qui m'avait marqué notamment par des improvisations/freestyles démentielles, puis en dehors d'apparitions avec le Klub des 7 mitigées et quelques prods, pas grand-chose à ce mettre autour du cou...
Malgré (ou à cause de) cette attente, ce nouvel album en a laissé plus d'un sur leur ...faim ! Avec un parti pris résolument moins hip hop et plus mélodique voir nostalgique dans les prod (mais d'une meilleure qualité paradoxalement), nous nous demandons à quelle sauce vont-ils nous cuisiner ce live... Qui à dit blanche ?

Le concert, complet, plus de trois semaines avant la date fatidique, illustre l'attente des fans d'hier et d'aujourd'hui.
C'est avec une première partie assurée par Detect en guise "d'apéro musical (hip hop)" comme il le présente lui-même que la soirée commence. On le suit avec des hochements de tête, du smile et quelques bières.
Un looser est toujours en retard, c'est donc après quelques minutes d'impatience que le show commence.

Sur scène, un écran géant, une photo fixe, oldschool, une chaise, des bières, des platines, Detect.

C'est une intro bien sentie : Detect scratchant sur la phrase « Arrêtez de vous reproduire » de M. Oizo, en parfaite adéquation avec ce thème (trop ?) récurent de l'album "La fin de l'espèce", que Fuzati rentre sur scène et lance "Le manège des vanités".
C'est avec soulagement et avec un non-moins grand plaisir qu'il mélange l'ensemble de ses productions passant de "Vive la vie" au "Klub des 7" (dont on souligne l'hommage à Freddy K) et même à "L'Atelier des anciens élèves" ! Les plus grands titres sont donc repris par la foule ("De l'amour à la haine", "Sous le signe du V", "Perspectives", "Dead Hip Hop"… il y en a trop) mais pas toujours en entier, domage mais la Gaîté ferme à 11h !

Bien qu'il communique peu, Fuzati reste avant tout un pro de l'impro (punchline t'as vu !) et lorsqu'il s'amuse par trois fois à demander des mots dans le public ("tractopelle", "foot", "enfoiré", "lentilles de contact"...) et improvise autour... On tend réellement l'autre joue pour qu'il nous claque une fois de plus avec son fouet verbal.
On retiendra surtout le second (en vidéo ci-dessous) où il mélange les références aux vols de cours de récréation, à Michel Houellebecq et à «l'imposteur» Orelsan. #omg 


Fuzati
 enchaînant les bières, s’asseyant à gauche de la scène devant "son mini-bar privé" sur chaque outro ou fin de morceau scratché par Detect, celui-ci se détend à peu à peu (ou finit bourré ?)  puis ironise même sur leur jeu de scène inexistant, déplaçant sa chaise au milieu de la scène "et commence a être bien" pour nous interpréter "La fin de l'espèce".



Maintenant, restons objectifs, ce n'était pas parfait.

Tout d'abord, le malaise de l'intéressé face à la foule n'est pas qu'une posture. Après quatre ou cinq « Ça va Paris ?!», il avoue entre deux rires forcés « Bon, je ne sais pas quoi dire d'autre, il y a tellement de monde... On se croirait sur la ligne 13 aux heures de pointe.» Bref, on a connu mieux comme ambianceur… Au final, le public n'aura jamais été aussi chaud que lorsqu'il lui demandera de faire semblant de s'éclater pour le "clipage" du prochain single... M
ais ça fait partie du personnage, me diras tu ? Certes. 

Ensuite, nombreux sont ceux qui lui reproche ce flow nasillard peu technique et la scène leurs donne raison au vu des loupés qui se multiplient lorsque le tempo accélère. Lui qui se présente comme "le rappeur que l'on comprend", ce n'est pas toujours le cas quand tu ne connais pas les paroles par cœur… Bref, on pourrait chercher la petite bête, mais après deux heures de spectacle, Fuzati aura malgré tout réussi son pari : revenir 8 ans après un album référence sans nous décevoir et même mieux, : il enfonce le clou ! 

Le rappeur s'étant engagé à ne plus nous faire attendre autant : «Huit ans se sont écoulés entre les deux albums, mais le prochain arrivera beaucoup plus vite, c'est promis.» On ne peut que se ..ré-jouir ! #Merci

Autre bonne nouvelle pour les retardataires, l'annonce d'une nouvelle date à paris et d'une tournée dans toute la France vient d'être publié sur leur Facebook, les voici :

- 13 JUILLET / FESTIVAL DOUR
- 20 JUILLET / LES AUTHENTIKS / VIENNE
- 11 AOUT / PANTIERO / CANNES
- 22 SEPT / PALOMA / NIMES
- 12 OCT / GAITE LYRIQUE / PARIS
- 13 OCT / AERONEF / LILLE
- 02 NOV/ ROCKOMOTIVES / VENDOME
- 8 DEC / LAITERIE / STRASBOURG

En bonus : Un interview + Fuzati sans son masque !

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